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Experts-comptables: Le Maroc admis à l’IFAC

Le label consacre la reconnaissance internationale de la profession · Le Centre de formation continue est opérationnel

C'est un peu les Nations unies des praticiens de l'audit et de la comptabilité dans le monde auxquelles vient d'être admis l'ordre des experts-comptables. C'est une consécration de la profession marocaine, se réjouit Rachid Seddik Seghir, expert-comptable, car il fallait être en conformité avec les sévères règles du cahier des charges imposées par la Fédération internationale des experts-comptables (IFAC). Cette reconnaissance confère aux praticiens marocains un label international, ce qui est une carte importante à l'ère de la globalisation. Cet automne, l'IFAC avait dépêché ses inspecteurs pendant soixante-douze heures au Maroc pour scruter le dispositif du fonctionnement de la profession. Sont passés en revue, le contrôle qualité, les normes d'audit, les règles d'incompatibilité, la réglementation, le mode d'accès à l'Ordre, etc. Dans leur rapport, les inspecteurs ont recommandé l'admission du Maroc en qualité de “full member” lui évitant ainsi l'étape du “purgatoire”, le statut de membre associé. L'IFAC ou la Fédération internationale des experts-comptables est une grosse et puissante institution qui rassemble 2,5 millions appartenant à 164 organismes professionnels de 120 pays. Son rôle est d'émettre de standards de travail de la profession et d'être son interlocuteur auprès des institutions internationales. Mais depuis les “accidents” et les scandales qui avaient ébranlé les marchés financiers aux Etats-Unis et en Europe, l'activité d'auditeurs est placé sous haute surveillance. L'IFAC a pris une nouvelle dimension et a durci également les standards de travail et de contrôle.

· Gage de confiance pour les investisseurs


A l'heure où la sécurité financière devient la priorité absolue des autorités de régulation des marchés, être reconnu par la Fédération internationale des experts-comptables est un élément qui compte. Sachez par exemple que pour de grosses opérations type Maroc Telecom (cotation sur des marchés des pays développés), le label IFAC représente pour les investisseurs institutionnels ou petits épargnants, un élément de prophylaxie quant à la qualité de l'information financière.
Vis-à-vis des investisseurs, la reconnaissance par l'IFAC de la qualité des professionnels d'audit marocains est un gage de confiance sur la fiabilité de l'information financière des entreprises, explique Samir Agoumi, membre du Conseil national de l'Ordre. Ces derniers entrent de plain-pied dans la globalisation. Et cette globalisation est tirée essentiellement par les Anglo-saxons en raison du poids de leurs marchés financiers. Cela veut signifie par exemple qu'il faut que le Maroc procède à des petits ajustements sur les normes d'audit en adoptant l'intégralité des standards IFAC. Idem en ce qui concerne le contrôle qualité (qui démarre en janvier 2005 pour les commissaires aux comptes au Maroc) ou les règles d'incompatibilité, notamment l'exigence de rotation des associés sur un dossier.
Par ailleurs, sur la question de la régulation des auditeurs, le modèle américain fondé sur une superstructure de contrôle semble aujourd'hui s'étendre un peu partout. Le modèle marocain fondé sur l'autorégulation devra donc évoluer. Pour la mise à niveau, l'Ordre des experts-comptables a investi près de 6 millions de dirhams dans un centre de formation continue destiné d'abord aux 280 membres, inscrits au tableau, mais aussi, aux entreprises désirant former leurs cadres.

D'apres l'Economiste